Maintien de salaire en arrêt maladie : combien de temps est-il garanti ?

par Antoine Lemoine
Publié le : Mis à jour le :
Maintien de salaire en arrêt maladie : combien de temps est-il garanti ? - EKIM Business

Lorsqu’on est en arrêt maladie, la question qui revient souvent concerne la rémunération : combien de temps le salaire est-il maintenu ? En France, le maintien du salaire pendant une absence pour maladie est encadré par la loi, mais aussi par les accords collectifs propres à chaque entreprise ou secteur. Cette protection ne s’applique pas automatiquement et n’est pas nécessairement totale du premier jour. Comprendre combien de temps vous pouvez compter sur cette garantie permet de mieux gérer vos finances en période d’arrêt. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le maintien de salaire en cas d’arrêt maladie.

Arrêt maladie : les conditions et la durée du maintien de salaire selon la loi

La loi française prévoit qu’en cas d’arrêt maladie, l’employeur complète les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale afin de maintenir une partie de votre rémunération. Toutefois, ce maintien est soumis à certaines conditions.

Tout d’abord, vous devez avoir au moins 12 mois d’ancienneté dans l’entreprise à la date de début de votre arrêt de travail. Sans cette ancienneté minimale, l’employeur n’est pas légalement obligé de maintenir votre salaire, sauf disposition plus favorable prévue par votre convention collective.

Le maintien de salaire n’est pas non plus immédiat. Il s’applique après un délai de carence de 7 jours pendant lequel aucune indemnisation complémentaire n’est versée par l’employeur. Durant ces premiers jours, seule la Sécurité sociale verse des indemnités journalières à partir du 4e jour.

En ce qui concerne le montant, la loi prévoit deux phases selon votre ancienneté :

  • si vous avez entre 1 et 5 ans d’ancienneté, vous percevez 90 % de votre salaire brut pendant les 30 premiers jours d’arrêt indemnisés, puis 66,66 % pendant les 30 jours suivants ;
  • si vous avez plus de 5 ans d’ancienneté, les durées d’indemnisation à 90 % et à 66,66 % sont allongées de 10 jours pour chaque tranche de 5 ans supplémentaires, avec un maximum de 90 jours à chaque taux.

Cette règle fixe le cadre minimum et impose à l’employeur d’assurer ce niveau de compensation lorsque les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont versées.

Qu’en est-il des avantages des conventions collectives et accords d’entreprise ?

Qu’en est-il des avantages des conventions collectives et accords d’entreprise ? - EKIM Business

Si la loi donne un cadre minimal, la majorité des salariés bénéficient de meilleures conditions grâce aux conventions collectives ou accords d’entreprise. Ces textes négociés entre syndicats et employeurs peuvent améliorer plusieurs points :

  • réduction ou suppression du délai de carence ;
  • maintien du salaire intégral pendant une certaine période ;
  • durée d’indemnisation plus longue, au-delà des plafonds établis par la loi ;
  • conditions d’ancienneté plus souples. Parfois le maintien est garanti même sans un an d’ancienneté.

Par exemple, dans certains secteurs comme la banque ou l’industrie, les conventions collectives prévoient un maintien de salaire à 100 % dès le premier jour, sans carence. Par conséquent, il convient de vous renseigner auprès du service ressources humaines ou de consulter votre convention collective pour connaître vos droits exacts.

Les situations particulières et dispositifs supplémentaires

Certaines circonstances permettent un maintien de salaire plus favorable ou un déclenchement immédiat comme pour les accidents du travail ou maladies professionnelles. Dans ces cas, l’indemnisation débute dès le premier jour et généralement sans conditions d’ancienneté. De plus, la Sécurité sociale verse des indemnités plus élevées, pouvant aller à 80 % du salaire journalier.

Pour les maladies longues appelées « affections de longue durée » (ALD), la Sécurité sociale peut prolonger la prise en charge des indemnités journalières jusqu’à 3 ans, mais le maintien de salaire par l’employeur suit le régime général ou celui de la convention collective.

Enfin, il faut aussi noter que des contrats de prévoyance collective pris en charge par l’entreprise permettent, au-delà des indemnisations légales et conventionnelles, de bénéficier d’un complément de revenus en cas d’arrêt maladie prolongé. Ces garanties peuvent intervenir plusieurs mois après le début de l’arrêt, selon les modalités spécifiques du contrat.

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