Beaucoup de salariés confondent ce que garantit la Convention collective Syntec et ce que verse la Sécurité sociale lorsqu’ils s’arrêtent pour maladie, maternité ou accident du travail. Les règles paraissent simples sur le papier, mais les détails pratiques—ancienneté, classification ETAM/IC, prise en compte des primes—font souvent défaut au moment de toucher son salaire. Ce guide explique clairement comment fonctionne le maintien de salaire Syntec, les démarches à entreprendre et les erreurs fréquentes à éviter.
Qui est couvert par le maintien de salaire Syntec en cas d’arrêt de travail ?
La Syntec protège les salariés des bureaux d’études et sociétés de conseils. Le maintien de salaire s’applique en cas de congé maternité, d’arrêt maladie non professionnel et d’accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP). La portée du droit dépend surtout de deux éléments : votre classification (ETAM ou IC) et votre ancienneté dans l’entreprise.
Observations pratiques : les ingénieurs et cadres (IC) bénéficient généralement d’un traitement plus uniforme (souvent 90 jours à 100 %), tandis que les ETAM voient des paliers liés à l’ancienneté. Les arrêts pour AT/MP restent les plus favorables puisqu’aucune condition d’ancienneté n’est requise.
Quelles démarches devons-nous accomplir pour déclencher le maintien de salaire ?
Le salarié doit alerter l’employeur et fournir un certificat médical. En entreprise, les pratiques varient : certains services RH demandent d’appeler puis d’envoyer le document scanné, d’autres exigent l’envoi postal. Adaptez-vous aux procédures internes, mais respectez toujours les délais légaux.
- Informer l’employeur du motif et de la durée probable de l’absence dès que possible et au plus tard sous 24 heures.
- Transmettre le certificat médical dans les 48 heures suivant le début de l’arrêt.
Comportements observés : des salariés retardent l’envoi des justificatifs et perdent des jours de maintien indirectement, ou négligent d’alerter le service paie, ce qui bloque le versement. L’employeur peut ordonner une contre-visite si le maintien dépend d’un complément employeur.
Comment l’employeur calcule-t-il le complément à verser pendant un arrêt ?
Le calcul du maintien combine les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), les versements éventuels du régime de prévoyance et le complément employeur qui doit, au maximum, ramener la rémunération au niveau du salaire net que le salarié aurait perçu en travaillant.
Points concrets à connaître :
- Seules la rémunération normale et certains éléments récurrents sont pris en compte. Les primes exceptionnelles ou gratifications ponctuelles ne sont généralement pas intégrées.
- La part variable de la rémunération peut devoir être estimée par l’employeur pour le calcul du maintien. Les arrêts de longue durée rendent ces évaluations compliquées.
- Le complément ne peut pas conduire à un versement supérieur à la rémunération nette habituelle.
Exemple chiffré simplifié
Si votre salaire net habituel est de 2 000 € et que les IJSS vous versent l’équivalent de 800 €, l’employeur complète à hauteur de 1 200 € pour atteindre 2 000 €, sous réserve des règles de la convention et des plafonds de la Sécurité sociale.
Quelle durée et quel montant selon la situation : maternité, maladie ordinaire et AT/MP ?
La durée et le taux varient selon la nature de l’arrêt et la classification. Les règles indispensables à retenir :
- Le congé maternité ouvre normalement un maintien à 100 % du salaire si la salariée compte plus d’un an d’ancienneté.
- Pour un arrêt maladie non professionnel, le droit existe dès 1 an d’ancienneté et la durée maximale du maintien payer par l’employeur atteint souvent 90 jours sur 12 mois, avec des paliers pour les ETAM.
- En cas d’AT/MP, le maintien s’applique dès le premier jour, sans condition d’ancienneté, souvent jusqu’à 90 jours selon la convention avant bascule sur la prévoyance.
| Situation | ETAM (anc. 1–5 ans) | ETAM (anc. ≥5 ans) | IC |
|---|---|---|---|
| Congé maternité | Maintien à 100 % si ancienneté > 1 an (durée légale du congé) | ||
| Maladie ordinaire | 30 j. à 100 %, puis 60 j. à 80 % (sur 12 mois) | Varie selon accord d’entreprise (consulter votre RH) | 90 j. à 100 % |
| Accident du travail / MP | 30 j. à 100 %, puis 60 j. à 80 % (si <5 ans) | Conditions améliorées possibles | 90 j. à 100 % (sans ancienneté requise) |
Remarque : certains détails précis (périodes après 5 ans d’ancienneté pour les ETAM, modalités exactes de déduction des IJSS/prévoyance) peuvent dépendre d’accords d’entreprise. Vérifiez toujours votre bulletin de paie et la note RH.
Quels sont les pièges fréquents et les limites du maintien Syntec ?
Plusieurs erreurs se répètent : ne pas conserver ses bulletins, confondre maintien et cumul avec des primes, ou croire que l’employeur paie indéfiniment. Quelques nuances à connaître :
- L’absence d’ancienneté empêche le droit pour maladie ordinaire, mais pas pour AT/MP.
- Les primes exceptionnelles ne rentrent pas dans le calcul du maintien ; la part variable peut l’être partiellement.
- Après la période maximale de maintien (souvent 90 jours), la prévoyance ou l’indemnisation longue durée prend le relais.
Observation terrain : beaucoup de salariés pensent à tort que l’arrêt partiel ou le télétravail réduit le droit au maintien. Dans les faits, chaque situation se juge au cas par cas et exige une dialogue RH rapide.
Que faire au-delà des 90 jours et comment fonctionne la bascule vers la prévoyance ?
Lorsque le maintien patronal arrive à terme, le régime de prévoyance Syntec intervient si l’arrêt se prolonge. Les conditions, montants et franchises varient selon les contrats de prévoyance négociés par la branche ou l’entreprise.
Bonnes pratiques en cas d’arrêt long : garder une trace écrite de tous les échanges, demander à la RH une simulation du revenu pendant la période de prévoyance et vérifier les délais de carence ou de franchise propres au contrat. Les médecins-conseils de la prévoyance évaluent souvent l’incapacité selon des critères médicaux stricts ; préparez un dossier médical complet.
FAQ
Qui bénéficie du maintien de salaire Syntec pendant un congé maternité ?
Les salariées de la branche Syntec ayant plus d’un an d’ancienneté perçoivent généralement un maintien à 100 % pendant la durée légale du congé.
L’employeur paie-t-il dès le premier jour d’arrêt maladie ?
La Syntec prévoit le versement de l’allocation maladie dès le premier jour d’absence, sans délai de carence, sous réserve de l’ancienneté requise pour les arrêts non professionnels.
Les primes sont-elles maintenues en cas d’arrêt ?
Les primes exceptionnelles ne sont en général pas prises en compte. La part variable peut l’être selon l’usage et les conventions d’entreprise.
Que faire si l’employeur ne verse pas le complément ?
Commencez par contacter le service RH pour demander une simulation. Si le problème persiste, saisissez l’inspection du travail ou demandez conseil à un représentant du personnel.
Y a-t-il une différence entre ETAM et IC pour l’AT/MP ?
Les AT/MP ouvrent droit au maintien sans condition d’ancienneté pour tous, mais la durée et les paliers peuvent différer selon la classification.
Comment vérifier le montant réel que je dois toucher ?
Comparez votre salaire net habituel aux IJSS et indications de la prévoyance, puis demandez une fiche de calcul à la paie. Conserver ses bulletins facilite la vérification.
Articles similaires
- Maintien de salaire en arrêt maladie : combien de temps est-il garanti ?
- Comment faire reconnaître et valoriser votre ancienneté par votre convention collective ?
- Congés payés : à quel montant correspond un jour au SMIC ?
- Arrêt maladie de plus de 3 mois : y a-t-il une perte de salaire malgré la prévoyance ?
- Quels avantages offre l’ancienneté en entreprise pour le salaire et la carrière ?

Jean Martin est un spécialiste en développement des compétences professionnelles et en employabilité.